
Cette semaine, je suis clouée au lit par une force imbattable, entourée des miens et pourtant étrangère à mon propre environnement. L’hiver frappe un grand coup pour montrer qu’il est encore le maître (au cas où il nous aurait épargné jusque là) comme en témoignent les nombreuses voitures estampillées « SOS médecins » jetées sur les trottoirs.
Croyant avoir surmonté l’épreuve des semaines passées, après avoir soigné chaque membre de ma famille, je sors enfin la tête de l’eau mais ce n’est que partie remise : la force me coule de plus belle quelques jours plus tard.
Portée par notre désinvolture face à ce virus trop souvent considéré comme ce qu’il n’est pas – un simple rhume – la grippe trace sa route et continue de tuer. De mon côté, je mène mon combat contre son attaque et les idées noires qui l’accompagnent.
Vendredi – aujourd’hui, donc – j’émerge enfin, toujours groggy, un peu à cause des sirops beaucoup à cause du temps passé allongée, bref de ces longs jours « lost in translation » dans mon propre lit.
Alors que je me réveille tant bien que mal de cette hibernation forcée, j’apprends que mon club favori a brûlé (que dire à tous ceux qui se retrouvent sans boulot ?), que deux policiers viennent de perdre la vie à quelques rues d’ici (que dire à leurs proches ?) et qu’une famille a été prise en otage (que dire tout court ?).
Si le ciel est bleu, ce n’est qu’une illusion : le cauchemar hivernal continue. Vivement le printemps. Enfin, j’espère.


