Tita&TheCity

Catégorie : santé/vie

“Lost in translation”

 

Cette semaine, je suis clouée au lit par une force imbattable, entourée des miens et pourtant étrangère à mon propre environnement. L’hiver frappe un grand coup pour montrer qu’il est encore le maître (au cas où il nous aurait épargné jusque là) comme en témoignent les nombreuses voitures estampillées « SOS médecins » jetées sur les trottoirs.

Croyant avoir surmonté l’épreuve des semaines passées, après avoir soigné chaque membre de ma famille, je sors enfin la tête de l’eau mais ce n’est que partie remise : la force me coule de plus belle quelques jours plus tard.

Portée par notre désinvolture face à ce virus trop souvent considéré comme ce qu’il n’est pas – un simple rhume – la grippe trace sa route et continue de tuer. De mon côté, je mène mon combat contre son attaque  et les idées noires qui l’accompagnent.

Vendredi – aujourd’hui, donc – j’émerge enfin, toujours groggy, un peu à cause des sirops beaucoup à cause du temps passé allongée, bref de ces longs jours « lost in translation » dans mon propre lit.

Alors que je me réveille tant bien que mal de cette hibernation forcée, j’apprends que mon club favori a brûlé (que dire à tous ceux qui se retrouvent sans boulot ?), que deux policiers viennent de perdre la vie à quelques rues d’ici (que dire à leurs proches ?) et qu’une famille a été prise en otage (que dire tout court ?).

Si le ciel est bleu, ce n’est qu’une illusion : le cauchemar hivernal continue. Vivement le printemps. Enfin, j’espère.

 

Etre en ayant été…?

Tout est parti d’un banal ver apparemment capable de s’auto-régénérer (en partie).

Les chercheurs qui étudient son cas viennent de découvrir un procédé qui permettrait peut-être, d’ici quelques années, de ralentir (ou même de stopper, soyons optimistes !) certains aspects du vieillissement cellulaire. Oui, sur les humains !

Si ces recherches visent en premier lieu des avancées thérapeutiques, rien ne nous empêche de voir ( beaucoup ) plus loin : osons envisager la fin de ces subterfuges destinés à tenter de donner un coup de pouce (le plus souvent en vain) à notre jeunesse quand celle-ci vient à s’essouffler.

Un monde exempt de ces faciès botoxés/liftés/rafistolés que nous croisons quotidiennement et qui donnent aux excessifs un faux air des frères Bogdanoff ne serait donc pas une utopie?

Cela dit, si nous rêvons tous à la jeunesse éternelle, il y a forcément quelques détails auxquels nous n’avons pas vraiment pensé.

Imaginons qu’il soit possible de figer les effets du temps : à quoi ressembleraient nos vies traversées dans une apparence immuable ? Aurait-on vraiment envie de garder son visage d’ado sur une âme enrichie par les années ?

Comment chacun parviendrait à se positionner socialement,  si nous en arrivons à faire plus vieux que nos parents ou plus jeunes que nos propres enfants ? Est-il donc vraisemblable qu’un jour, être ridé devienne  désirable?

Trêve de plaisanterie, l’essentiel est ailleurs. Serait-il concevable, dans un futur que nous ne connaitrons certainement pas, d’entendre :

Je peux fumer tant que je veux, je fais régénérer mes poumons la semaine prochaine

Non, ce n’est pas ma fille, c’est ma grand-mère

Il y a deux ans, j’étais séropositive

Voire : Je repasse mon bac cette année, je suis morte l’an dernier juste avant les épreuves…?

Ça vous semble fou,  moi aussi ! Et pourtant, on a longtemps été persuadés que la Terre était plate ou que jamais il ne serait possible de la parcourir en volant.

Aujourd’hui, la seule certitude qu’on puisse avoir, c’est qu’on est loin d’imaginer ce que nous réserve l’avenir.

Enfin, de ce qu’il réserve à nos arrière-arrière-arrière petits enfants…

Parce que nous, il ne nous reste que (mais non, pas nos yeux pour pleurer !) le devoir de continuer à prendre soin de nous, sans oublier de croiser  les doigts pour que les visages (over) trafiqués se contentent tout simplement de passer…de mode.

Pour en savoir plus sur la recherche:

http://www.sciencesetavenir.fr/fondamental/20101117.OBS3097/rajeunissement-cellulaire.html

http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/a/actualite-comment-l-ovocyte-rajeunit-26152.php

Jumeaux et plus…

Il y a quelques années, alors que j’avançais – tant bien que mal – sur un trottoir avec ma poussette triple, une femme s’arrêta à ma hauteur (comme à peu près chaque personne que nous croisions à cette époque) et lâcha, haut et fort :

«Des triplés, oh mon dieu, quelle horreur !!».

Forcément, j’ai plus souvent entendu – et préféré entendre –

« Des triplés, quelle chance ! » tant que ces propos n’étaient pas suivis d’un « moi aussi, je rêve d’avoir des jumeaux ».

C’est vrai, c’est une chance, d’avoir des enfants. Mais les multiples, comme on les appelle dans le jargon des initiés, c’est (la plupart du temps) difficile. Pour ne pas dire un chemin de croix.

Et n’allez surtout pas croire qu’il soit question d’intendance, de nombre de biberons, de couches et de réveils nocturnes, de toutes ces choses bassement matérielles qui peuvent nous épuiser mais qui ne sont rien, quand par chance les enfants sont en bonne santé.

Si on a parfois tendance à les voir comme une portée de chatons – oui, je l’ai entendu ! – on oublie souvent qu’avoir plusieurs enfants en une fois, c’est parfois compliqué et toujours risqué. Et ça l’est pour tout le monde : pour celle qui les porte comme pour ceux qui grandissent en elle.

Les miens vont avoir six ans et aujourd’hui encore, l’odeur de la néonat * et le son des alarmes des appareils de réanimation résonnent encore souvent en moi. Jamais je n’oublierai cet épisode douloureux ni le soutien indéfectible de ceux et celles qui, heure après heure, semaine après semaine, ont sauvé la vie de mes triplés.

La vie nous donne ce qu’elle peut et nous n’avons pas d’autre choix que de l’accepter, quoi qu’il advienne. Même s’il arrive que cette belle promesse vire au cauchemar, voire au drame.

Il y a quelques jours, l’une de mes amies a dû être accouchée en urgence de ses jumeaux après seulement cinq mois de grossesse.

Ces nouveaux-nés sont très entourés, de professionnels passionnés et dévoués qui bien souvent, réalisent des prouesses. Et bien sûr, de leurs parents qui les aiment profondément.

Pour être passée par là, je comprends leur détresse – peut-être – un peu mieux que la plupart des pères et mères pour lesquels une naissance est forcément une joie. Mais en définitive, n’importe qui peut se mettre à leur place.

N’oublions jamais que la santé est un cadeau précieux, délicat et quelque part, toujours miraculeux.

Souhaitons à ces deux petits garçons ainsi qu’à leurs proches – et à tous les autres – beaucoup de courage, de force et d’amour. Que le combat qu’ils mènent aujourd’hui ne soit bientôt qu’un souvenir.

*Néonatalogie : Branche de la médecine spécialisée dans l’étude et le traitement du nouveau-né. Terme utilisé ici pour désigner l’unité de soins intensifs des prématurés.

Site de l’association “Jumeaux et plus” : http://www.jumeaux-et-plus.fr/