J’ai beau prendre l’avion régulièrement, il n’y a rien à faire, à chaque fois, j’oublie…
Que je n’ai droit qu’à un seul bagage à mains, même si j’ai fait du shopping juste avant le départ (j’ai toutefois remarqué une certaine indulgence pour les sacs portant le logo de l’aéroport : en conserver un exemplaire à chaque voyage est une idée à considérer sérieusement).
Que je ne peux absolument pas embarquer avec cette bouteille de Coca (collector et scellée) dénichée au fin fond d’une boutique et qui manquait à ma collection. Le soda, comme chacun sait, est un explosif potentiel redoutable (il subit donc le même triste sort qu’une vulgaire canette même pas siglée).
Que je vais devoir exécuter un véritable strip tease devant 10 agents de sécurité (blouson, gants, écharpe, gilet, bottes, montre, ceinture, épingle à cheveux …vous appelez ça comment, vous ?).
Que je vais entièrement passer aux rayons X (qui, selon l’image de démonstration, ne nous mettent pas complètement à poil…mais pas loin, en fait).
Qu’après avoir enfilé – en public – une paire de superbes chaussons bleus aussi sexy que deux sacs poubelle je vais me faire tripoter par une femme (enfin, il paraît que c’en est une).
Que je vais dire adieu à ma pince à épiler pour la 6ème fois consécutive (oui, j’exagère un peu) et qu’après délibération d’un jury d’experts en uniforme je pourrai quand même conserver ma pince à chignon géante (Odile Gilbert, ça vous dit quelques chose ?) mais certainement pas ma lime à ongles.
Chez Air France, on ne plaisante pas avec la sécurité.
Qu’une fois passés tous ces contrôles avec l’impression d’avoir réussi un examen, je m’apercevrai que j’ai toujours, au fond d’une pochette, un superbe…Laguiole dont la lame dépasse la paume de ma main.
Chez Air France, on ne plaisante pas avec l’expertise.
Au retour, j’aurai toujours mon couteau sur moi (cadeau de mon père que l’idée de perdre aussi bêtement me fait enrager) et repasserai le contrôle sans être inquiétée. Avec, quand même, l’étrange impression d’avoir évité (de justesse) un cauchemar à la Midnight Express.
Comme quoi chez Air France, même en classe éco sur un Paris-Nice, on peut très bien se faire un film.







